Le Grand Troc des matériaux naturels s’est déployé comme un petit marché sauvage, quelque part entre la brocante et le rituel.
Sur une simple table recouverte d’une nappe, j’ai disposé des éléments bruts, récoltés au fil de mes errances : des boutures patiemment préparées, des cailloux, des roches, de l’eau, quelques fruits. Rien n’était à vendre. Tout était à troquer.
Pendant quatre heures, les passant·es ont été invité·es à échanger ces fragments de vivant contre ce qu’ils ou elles désiraient : un objet, un mot, un souvenir, un geste.
Dans cette économie libre, poétique et imprévisible, chaque échange devenait un acte de transformation.
Le geste artistique, ici, ne reposait ni sur la création d’un objet, ni sur sa valeur, mais sur la circulation d’une matière précieuse : celle de notre lien au monde naturel.
La performance prenait fin lorsque le dernier élément naturel quittait la table irrémédiablement remplacé par des objets manufacturés.











