Le jardin d’acclimatation est à l’origine un parc zoologique créé en 1852 en région parisienne pour acclimater des espèces animales exotiques.
Déplaçant des espèces animales et végétales, mais aussi des humains, il devient le synonyme de lieu extraordinaire où la société coloniale de l’époque peut développer son sentiment de supériorité et de contrôle sur le reste de la planète. Aujourd’hui, les paradigmes ont évolué et le changement climatique s’impose comme une évidence. Le capitalocène a produit l’avènement sur l’ensemble du globe d’une situation d’urgence climatique.
Depuis la mondialisation, des espèces importées sont devenues invasives : dès lors, la nécessité se situe davantage dans le maintien d’une diversité des êtres vivants tout en protégeant les espèces endémiques. Tout lieu devient potentiellement jardin d’acclimatation. Le vivant reste à demeure. Ce sont les zones climatiques qui migrent.
Une pensée globale sur le monde nous permet d’agir localement.
Le jardin individuel, qui prétend conserver son statut de nature, porte en lui les preuves de son évolution et de sa transformation par l’activité humaine. Constat amer d’une pollution globale qui détruit toute forme de légèreté dans nos actions.
La nature ou Gaïa, comme la nomme Bruno Latour, est la zone où se développe une possible vie qui se trouve dans une situation critique alors que nous assistons, impuissant.e.s, à la sixième extinction des espèces. Pouvons-nous croire en une renaissance comme celle du Phœnix ? Un feu pour renaître ? Nous sommes aujourd’hui témoins d’un changement effectif. L’eugénisme agricole produit ses ravages sur la biodiversité.
Peut-on espérer croire au lendemain ?
Pour y croire, une certitude : celui du concept de Donna Haraway qui écrit : « We are compost, not posthuman ». Humusité contre humanité.
Texte d’Olivier Weber






Ci-dessus, présentation de Coquille vide et Jardin Imaginaire d’Eva Prusiewicz
Ci-dessous, Les autres artistes de l’exposition : Hélène Bleys, Jeannie Brie, Julie Freichel, Emma Perrochon, Céline Poutas et Olivier Weber.































