Zone de création d’amalgames est une performance participative et ludique où la confusion devient un terrain fertile pour l’échange et l’interaction. Margaux Moritz et Eva Prusiewicz interrogent les dynamiques d’association et de différenciation à travers des discussions autour d’amalgames, ces raccourcis souvent cocasses, parfois absurdes, qui ponctuent nos pensées et nos discours.
Au sol, une zone est clairement délimitée, son titre inscrit comme une invitation manifeste à s’y aventurer. De part et d’autre de cet espace, deux chaises reçoivent des fiches récapitulant des amalgames collectés et étudiés par les performeuses en amont. Les thèmes évoqués varient du trivial au conceptuel : manchots vs. pingouins, Doliprane vs. aspirine, par exemple ; abordant ainsi des sujets environnementaux, sociaux, politiques, linguistiques, etc.
Après avoir pris le temps de se plonger dans leurs fiches, Margaux et Eva se rejoignent dans la zone délimitée pour une « réunion » où elles explorent ensemble l’amalgame tiré au sort avec la participation du public et des rôles associés. Ici, l’erreur devient créative, le malentendu, matière à débat.
Des cartes-rôles, disponibles pour les spectateurs, permettent à chacun de devenir act.eur.rice de la discussion. Agent.e de sécurité d’amalgame, facilitateur.rice, police d’amalgame ou opposant.e (etc), chaque rôle ouvre une nouvelle perspective et modifie la dynamique des échanges. En entrant dans la Zone de création d’amalgames, le public devient co-créateur d’un espace mouvant, où le sérieux se mêle à l’absurde, et où les frontières entre les idées – tout comme entre les personnes – s’estompent.
Cette performance, présentée dans le cadre du festival Inact à Strasbourg, questionne avec humour et profondeur nos manières de penser et de débattre. Elle interroge également le système corporate et capitaliste de la plupart des emplois en bureau. Elle invite à considérer l’amalgame non pas comme une erreur à éviter, mais comme une opportunité pour dialoguer et créer collectivement.
















Photographie de Christoph de Barry / Hans Lucas / INACT 2025





